Le Joseph Roty II

24 septembre 2009

Oyaho ! Welcome !

Après l'avoir détruit, je le reconstruit

Appelez-moi Ismaïl. Voici quelques années -peu importe combien- le porte-monnaie vie ou presque, rien ne me retenant à terre, je songeais à naviguer un peu et à voir l'étendue liquide du globe. C'est une méthode à moi pour secouer la mélancolie et rajeunir le sang. Quand je sens s'abaisser le coin de mes lèvres, quand s'installe en mon âme le crachin d'un humide novembre, quand je me surprends à faire halte devant l'échoppe du fabricant de cercueils et à emboîter le pas à tout enterrement que je croise, et, plus particulèrement, lorsque mon hypocondrie me tient si fortement que je dois faire appel à tout mon sens moral pour me retenir de me ruer délibérément dans la rue, afin d'arracher systèmatiquement à tout un chacun son chapeau... alors, j'estime qu'il est grand temps pour moi de prendre la mer. Cela me tient lieu de balle de pistolet. Caton se lance contre son épée avec un panache philosophique, moi, je m'embarque tranquillement. Il n'y a là rien de surprenant. S'ils en étaient conscients, presque tous les hommes ont, une fois ou l'autre, nourri, à leur manière, envers l'Océan, des sentiments pareils aux miens.

Extrait Moby Dick, Herman Melville (chapitre 1)

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lionel_chevalier

Peinture "Joseph Roty" (2008) par Lionel Chevalier

Bonsoir, et qu'un Dieu prenne soin de vous...

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